Dynamique de l'écosystème d'affaires touristiques terre-mer : le cas de l'offre touristique havraise et côtière

Nom: 
LIU
Prénom: 
Xiao
Directeur de thèse: 
Samuel GRANDVAL
Co-encadrant: 
Marie-Laure BARON
Établissement d'appartenance: 
Université Le Havre Normandie
Thème: 
Thème 1. Innovation et coopération
Résumé: 
En gestion, le concept d’écosystème d’affaire (ESA) apparaît pour la première fois dans l’article de Moore (1993) qui l’a popularisé. Les écosystèmes d’affaires ont beaucoup été étudiés du point de vue de l’innovation dans la grande industrie. A la suite du travail de Moore, certains auteurs ont fait des études pour caractériser l’écosystème d’affaires, mais le cadre théorique des écosystèmes d’affaires reste cependant encore mal défini. Plusieurs typologies des écosystèmes d’affaires sont proposées par les auteurs. Par rapport à la métaphore avec la biologie, la proposition de Moore et les premiers cas travaillés, s’éloignent de la métaphore en biologique en se concentrant sur les entreprises et les relations avec les entreprises.
En biologie, l’environnement est un élément important pour expliquer l’évolution des espèces. Les espèces co-évoluent entre elles et avec l’environnement. Hannan et Freeman (1984) font ce lien entre l’évolution des organisations et l’évolution de l’environnement mais leurs travaux ne sont pas tellement exploités actuellement. La plupart des travaux sur les écosystèmes d’affaires, suite aux travaux de Moore, s’intéressent surtout au jeu d’acteurs, aux stratégies des acteurs et s’appliquent à des marchés dynamiques, organisés en réseau, où il y a beaucoup d’innovation. Les écosystèmes étudiés présentent des « leaders » (IBM) qui façonnent leur environnement, des « keystone players » (Microsoft, Walmart), des entreprises qui ont une stratégie de niche (Nvidia).
 A partir des études établies par les auteurs, on a noté ainsi deux approches principales des écosystèmes d’affaires : une approche délibérée où les acteurs du marché se cordonnent entre eux pour construire une offre, et une approche non délibérée, inspirée de l’approche biologique, où les participants au marché évoluent de manière non coordonnée. On a montré que la décision est le point permettant de distinguer l’approche délibérée et l’approche non délibérée.  Dans les écosystèmes d’affaires classiques, c’est l’acteur central qui choisit de façonner l’écosystème d’affaires pour dessiner l’environnement qui lui convient. En revanche, l’approche non-délibérée est liée à l’auto-organisation identifiée en biologie, où une espèce ne prend pas de décision, mais agit en fonction de son instinct et s’adapte aux circonstances.
Notre objet de travail est d’essayer de caractériser les écosystèmes d’affaires à partir des études établies, et d’étudier l’évolution des écosystèmes d’affaires et les interactions des espèces en s’inspirant de l’approche biologique. Pour améliorer la connaissance des écosystèmes d’affaires, ce travail cherche à étudier les écosystèmes dans lesquels il n’y a pas de leader, où les interactions sont gérées de façon décentralisée.
Le secteur du tourisme semble présenter les conditions d’un écosystème d’affaires non centralisé et au moins en partie auto-organisé. L’activité et la survie des entreprises ne semble pas dépendre d’un acteur central, mais plutôt, comme en biologie, de la capacité des espèces à capter des ressources. Le terrain du tourisme est peut-être adapté pour étudier les écosystèmes d’affaires décentralisés et auto-organisés et comprendre comment les interactions entre les organisations s’y déroulent. Les entreprises du tourisme, comme des espèces en biologie vivent des ressources du territoire et sont en concurrence pour consommer les ressources du territoire.
La démarche, les questions et les hypothèses sont construites dans cette thèse à partir des concepts tirés de la théorie biologique. Comment l’écosystème s’organise-t-il pour proposer une offre cohérente au client s’il n’y a pas l’acteur central qui organise la coopération dans l’écosystème d’affaires ? y-a-t-il coopération entre les acteurs ? Quels sont les comportements des entreprises individuelles ? En étudiant l’organisation des acteurs individuels, il s’agit de comprendre comment les acteurs se coordonnent. Si l’hypothèse d’absence de coordinateur central est vérifiée, la coordination devrait se faire entre quelques entreprises seulement, à l’initiative d’une entreprise ou de l’autre. Cette étude des relations entre les différents acteurs de l’écosystème pourra permettre de découvrir les rôles joués par les différents acteurs et de mettre au jour des sous-écosystèmes avec des comportements spécifiques. D’autres comportements que ceux habituellement identifiés dans la littérature peuvent émerger. Les relations de parasitisme et de mutualisme nous semblent très intéressantes à étudier comme formes de coopérations entre les acteurs individuels.
 Les comportements des acteurs sont variables et sensibles, les intentions d’intégration et les stratégies des acteurs peuvent nous montrer la ‘délibération’ des individus afin d’identifier nos hypothèses de l’approche non-délibérée.